Chantiers archéologiques

Carte:

Departement:
Seine-et-Marne
Commune:

Mouy-sur-Seine

Nom du chantier:

Les Aulins

Description courte:

Installations rurales diachroniques

Description:

La fouille du site Les Aulins à Mouy-sur-Seine (sud du département de la Seine-et-Marne, sur la rive droite de la Seine) s’inscrit dans le cadre du développement d’une carrière d’exploitation de granulats alluvionnaires par la société A2C Granulat sur une superficie d’environ 28 ha.

Lors de la phase terrain, 1561 faits archéologiques ont été fouillés, il s’agit de structures en creux entamant le substrat graveleux. Ces structures se répartissent sur sept emprises (56 660 m² au total), disséminées sur la totalité de la surface concernée par le projet de carrière. Ces dernières sont de taille et de densité très diverses, certaines zones sont quasi vides, d’autres fortement occupées.

Les trous de poteau sont largement majoritaires avec 933 occurrences, les fosses et les fonds de cuvettes humides viennent ensuite avec respectivement 275 et 119 exemplaires. La forte représentation des fonds de cuvettes est tout à fait normale ici puisque nous nous trouvons en milieu humide et que ces structures sont partie intégrante de la problématique de notre site. Pour les fosses ce chiffre doit être nuancé, en effet seuls 23 silos ont été attribués avec certitude, or plusieurs structures identifiées en tant que fosses pourraient s’avérer être des silos.

Les fonds de cabane ne représentent que 3% des vestiges mais cela se traduit par 52 occurrences présentes sur le terrain, ce qui n’est pas négligeable. La présence des fossés sur le site reste anecdotique. Quatre puits et trois fosses d’extraction viennent compléter les structures liées au monde des vivants. En conformité avec un site d’habitat rural du haut Moyen Âge, les structures liées à l’occupation (trous de poteau, fosses, fonds de cabane, silos et puits) participent à hauteur de 78.5 % des vestiges recensés.

En dépit d’une forte densité de structures, très peu de recoupements ont été observés sur le terrain, le site ne présente donc pas de stratigraphie particulière. La chronologie repose presque exclusivement sur la datation du mobilier céramique. Cette dernière se trouvant étayée par l’étude du petit mobilier et par les datations radiocarbone.

Concernant le matériel, il n’est pas abondant, seules 470 structures ont livré des artefacts céramiques, ce qui représente un peu plus de 28 % des faits archéologiques. Certaines zones en sont même quasiment dépourvues, en effet une seule structure a livré de la céramique en zone B et seulement 3 en zone E. Avec 329 structures ayant livré de la faune, la répartition est tout aussi hétérogène puisque aucune structure n’en a livrée pour la zone B, seules deux en zone E et seulement 4 pour les zone C et F. L’instrumentum a livré quant à lui 153 objets issus de 93 structures.

Pour pallier cette carence de mobilier, une série de datations radiocarbone a été déclenchée, sur notre premier envoi de 15 échantillons, seuls 8 ont livré une datation. Les échantillons provenant de milieu soumis à une variabilité du taux d’humidité (battement de nappe, inondation, débordement de la Seine…) n’ont pas permis la conservation de leur collagène. La quasi-totalité des structures du site Les Aulins étant soumise à ce phénomène, nous n’avons pas poussé plus en avant ces analyses qui se seraient de toute manière révélées infructueuses. Pour les même raisons, l’étude palynologique et les prélèvements phosphates se sont révélés négatifs.

L’ensemble de ces données permet néanmoins de déterminer quatre grandes phases d’occupation auxquelles on peut ajouter une dernière phase moderne qui n’est cependant qu’anecdotique. Ce phasage confirme la majorité des données issues du diagnostic. C’est-à-dire une occupation diachronique de l’âge du bronze au haut Moyen Âge (période carolingienne). L’occupation protohistorique regroupe 3 horizons céramiques associés au Bronze final, au Hallstatt moyen et à La Tène ancienne. Cependant de nombreuses structures ont livré du matériel présentant des caractéristiques protohistoriques mais qui n’ont pu être attribuées à un horizon précis. Elles ont donc été rassemblées sous un horizon de synthèse 1-3. À l’échelle du site nous avons donc une phase I protohistorique avec trois sous-phases.

La phase Ia correspond à une occupation dont les traces sont ténues. Elle a été identifiée en majorité au centre-nord de la zone D au niveau d’une noue et des contextes localisés à proximité. Quelques fosses sont également attribuables à cette occupation en zone C, ces dernières pouvant sans doute être liées au cercle mis au jour lors du diagnostic qui se développe à quelques mètres de là. Cette phase Ia est datée du Bronze final IIIa, soit entre la seconde moitié du XIe siècle av. J.C. et la première moitié du Xe siècle av. J.C.

La phase Ib apparaît comme une occupation plus sporadique, elle a été appréhendée sur les emprises A, D, E, F et G mais ne se manifeste qu’au travers de quelques structures isolées qui ne semblent pas présenter d’organisation particulière. Elle correspond au Hallstatt D1.

La phase Ic définit la première installation pouvant être interprétée réellement comme une occupation rurale organisée. Essentiellement localisée sur la zone D, elle se traduit par la présence de petits bâtiments, de fosses et même d’une sépulture. Quelques structures en zone G complètent cet ensemble. Cette phase correspond à La Tène B1 (début IVe siècle av. J.C.).

La phase gallo-romaine (phase II) ne se traduit pas vraiment sur le terrain par une réelle occupation mais témoigne néanmoins d’une fréquentation des lieux à cette époque. La majorité des structures (moins d’une dizaine cependant) se disperse sur la zone D. Il s’agit de d’un petit réseau fossoyé et de quelques fosses et trous de poteau épars. Quelques structures isolées, 3 en zone A et 1 en zone G, sont également attribuables à cette période. L’indigence du matériel n’a pas permis une caractérisation chronologique plus précise.

L’occupation mérovingienne est essentiellement concentrée sur la zone G et la zone C, qui lui est attenante. Il s’agit d’une installation rurale assez conséquente et structurée avec au nord de la zone G une zone dédiée à l’installation de petits bâtiments quadrangulaires et au sud, une zone de stockage qui s’illustre par la présence de grandes fosses/silos. Cette zone de stockage est perçue jusqu’en zone C. D’une manière générale les structures semblent s’ordonner selon une orientation sud-ouest / nord-est. Cette phase III est située entre la seconde moitié du VIe siècle et la première moitié du VIIe siècle.

L’occupation carolingienne n’est perceptible que sur la zone A, il s’agit néanmoins de l’installation la plus dense rencontrée sur le site Les Aulins. En effet pas moins de 16 grands bâtiments sur poteaux porteurs s’y développent. Ils sont associés à 50 fonds de cabane et une série de fosses et de silos, 4 puits viennent compléter les structures caractéristiques de cette phase. Ce noyau dense s’implante sur la partie centrale de l’emprise, sur une aire légèrement surélevée et entourée de grandes zones humides.

Une organisation spatiale, claire et d’orientation sud-ouest / nord-est, laisse entrapercevoir des espaces vides pouvant être rapprochés d’axes de circulation. Grâce à cette organisation de l’espace beaucoup de structures ont pu être associées à cette phase en dépit du manque de matériel.

Cette phase IV comme la phase I présente des sous-phases et un horizon de synthèse. Elles correspondent à la seconde moitié du Xe siècle pour la phase IVa et au XIe siècle pour la phase IVb.

 

Hélène ASSÉMAT, Responsable de l’opération

Contacter Hélène Assémat

 

Rapport final:

Rapport final d'opération

Rapport disponible auprès de la DRAC Île-de-France, Service Régional de l'Archéologie

Epoque:
  • Bronze final
  • Hallstatt
  • Tène ancienne
  • Antiquité
  • Haut Moyen Âge
  • Moderne
Superficie:
58000 m²
Aménageur:
A2C Granulat
Plan du site de fouilles: