Chantiers archéologiques

Carte:

Departement:
Nord
Commune:

Marcq-en-Baroeul

Nom du chantier:

Rue du Pavé Stratégique, Rue Ducroquet

Description courte:

Occupations rurales gauloise et médiévale

Description:

La réalisation de cette opération de fouille archéologique préventive s’inscrit dans le cadre d’un projet d’aménagement de la zone du Pavé Stratégique sur le territoire de la commune de Marcq-en-Barœul, dans le département du Nord (59). L’emprise concernée, située à l’angle de la Rue Ducroquet et de la Rue du Pavé Stratégique, se développe en limite des communes de Marcq-en-Baroeul, lieu-dit « Le Cheval Blanc » et de Bondues, lieu-dit « Chat de la Folie ». Le site est localisé en rive droite de la vallée de la Becque de Marcq sur une terrasse peu marquée (22,50 m NGF) dominant la vallée de la Marque, sur une légère pente orientée nord-ouest/sud-est, non loin de la jonction entre la vallée de la Deûle et de la Marque.

 

La fouille a dévoilé, sur une petite surface d’environ 3000 m², des traces de plusieurs occupations rurales successives, débutant au second âge du Fer et se terminant à la période contemporaine. Quatre grandes phases allant de La Tène ancienne / La Tène moyenne à la période contemporaine ont pu être déterminées.

 

Les structures les plus anciennes documentées remontent donc à la Tène ancienne / La Tène moyenne (phase 1). Les vestiges, un fossé associé à un petit bâtiment sur quatre poteaux et une fosse, constituent les traces d’une petite installation rurale à vocation probablement agricole située en marge de l’emprise de fouille, semblable à celle retrouvée dans les parcelles adjacentes lors de l’opération de fouille de Marcq-en-Barœul « Le Cheval Blanc ».

Après un assez long hiatus, le site est de nouveau occupé à la période médiévale (phase 2), de la fin du haut Moyen Âge jusqu’au début du bas Moyen Âge. Entre le milieu du IXe et le milieu du XIIIe s. (phase 2.1), le site est marqué par des vestiges qui témoignent d’une activité humaine et d’un habitat tout proche, peut-être sous la forme d’une installation rurale, qui se développe plus largement et dont le cœur est vraisemblablement situé en marge de l’emprise de fouille. La présence de nombreuses fosses de dimensions variées, dont deux s’apparentent vraisemblablement à des fosses-silos, la présence d’un petit fossé en L délimitant peut-être un espace enclos ou encore la nature de certains comblements contenant des fragments de torchis clayonnés et des restes de matières végétales carbonisées, suggèrent la présence d’un habitat à proximité. Bien que peu abondant, le type de mobilier céramique, rattaché presque exclusivement aux catégories liées à la cuisson des aliments, constitue également un indice supplémentaire, de même que la broche de tisserand en os découverte dans le remplissage d’une des fosses-silos. Ce type d’objet lié à la vie quotidienne, assez fréquent dans les habitats ruraux jusqu’à la fin de l’époque carolingienne, indique peut-être une activité textile comme le tissage, pratiquée dans les environs proches. Faute d’indices supplémentaires, notre vision est malheureusement beaucoup trop restreinte et partielle pour pouvoir caractériser la nature fonctionnelle de cette installation et en apprécier son organisation spatiale.

 

 

Vers les XIIIe-XIVe (phase 2.2), on assiste à l’implantation d’un réseau de fossés qui suit une trame quasi orthogonale et qui structure le paysage médiéval (phase 2.2). Il s’agit de plusieurs tronçons de fossés qui semblent avoir eu pour usage de délimiter de nouveaux espaces dans le paysage tout en drainant les eaux pluviales découlant des parcelles en amont. Ces structures fossoyées ne sont pas toutes synchrones, ce qui laisse penser à des aménagements successifs dont il est difficile de mesurer l’ampleur. Leur interprétation n’est pas aisée compte tenu du peu d’indices que nous disposons et du manque de recul dû à l’exiguïté de notre fenêtre de fouille. Faut-il y voir des réaménagements structurels successifs de l’occupation précédente (phase 2.1), les traces d’une nouvelle occupation ou simplement la mise en place d’une trame parcellaire dont le rôle était de délimiter des espaces cultivables et de drainer les eaux pluviales ? Les données matérielles et stratigraphiques dont nous disposons ne permettent malheureusement pas de privilégier une hypothèse plus qu’une autre. Néanmoins, ces vestiges témoignent d’une restructuration du paysage médiéval et attestent d’une fréquentation des lieux jusqu’au début du bas Moyen Âge.

 

Aux époques moderne et contemporaine, le site est encore marqué par la présence de l’homme et les lieux continuent d’être fréquentés. A l’époque moderne, vers les XVIe-XVIIe siècles (phase 3), on assiste à la mise en place d’un nouveau réseau de fossés parcellaires qui structure le paysage et délimite vraisemblablement des parcelles agricoles. Ces aménagements fossoyés, dont la trame est parfaitement orthogonale, s’inscrivent assez nettement dans les orientations qui prévalaient à la période médiévale (phase 2). L’un des fossés (1127-1128) reprend d’ailleurs, à peu de choses près, le tracé d’un fossé médiéval (1126). Une quinzaine de fosses, situées en bordure est d’emprise, témoignent d’une activité humaine et d’un habitat à proximité. Enfin, à l’époque contemporaine (phase 4), les lieux continuent d’être fréquentés puisqu’un réseau de petits fossés de drainage quadrille l’espace et qu’un bâtiment construit en brique, associé à des fosses et deux puits, est installé dans la moitié orientale de l’emprise. Durant la première moitié du XXe siècle, le site redevient entièrement une zone de culture.

 

La fouille devait permettre d’apporter de nouvelles données sur les occupations carolingiennes dans le secteur concerné. Les habitats carolingiens ayant été peu étudiés dans la région Lilloise, le site de Marcq-en-Barœul offrait ainsi la possibilité d’apporter un éclairage nouveau sur cette période. Les résultats de cette opération sont dans l’ensemble peu porteurs puisque l’occupation médiévale, objet de la prescription, est moins dense que prévue et son interprétation plutôt délicate, faute d’indices pertinents et d’une vision plus large. Le mobilier archéologique correspondant à cette période est peu abondant et la quantité de matériel céramique est assez faible, principalement représentée par de la vaisselle destinée à la cuisson des aliments. Si l’existence de bâtiments peut être supposée, aucune structure de ce type n’a cependant été relevée dans l’emprise étudiée. Limitée par une surface de fouille réduite, nos connaissances restent donc restreintes et partielles pour cette période. Bien que les données soient lacunaires, la présence d’une installation rurale dans les environs proches, que l’on peut situer chronologiquement entre le milieu du IXe et le milieu du XIIIe s. au plus tard (fin du haut Moyen Âge – Moyen Âge classique), peut cependant être envisagée. En l’état, la zone fouillée apparaît plutôt comme une partie annexe d’un établissement rural localisé hors emprise, dont nous ignorons l’étendue, l’organisation et la vocation. De nombreuses questions subsistent donc encore au sujet de cette occupation médiévale, notamment l’interprétation des aménagements qui s’opèrent vers les XIIIe-XIVe siècles

 

 

Isolément, le site peut paraître très modeste et sans véritable intérêt. Dans un contexte plus général, il présente un intérêt dans la mesure où il ouvre de nouvelles perspectives de recherches et d’études pour la période médiévale dans ce secteur encore peu documenté.

 

Bertrand PERRIER, Responsable de l’opération

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Articles:

Articles

PERRIER B., « Marcq-en-Baroeul, Rue du Pavé Stratégique – rue Ducroquet », Archéologie médiévale, Chroniques des fouilles médiévales en France en 2014, n° 45, 2015.

Rapport final:

Rapport final d'opération

Rapport disponible auprès de la DRAC Hauts-de-France, Service Régional de l'Archéologie

Epoque:
  • Tène moyenne
  • Moyen Âge
  • Bas Moyen Âge
  • Moderne
  • Contemporain
Superficie:
3000 m²
Aménageur:
Parknorwest
Plan du site de fouilles: